De avril à octobre 2024, ce projet expérimental a pu réunir de nombreuses personnes autour de la revisitation d’une œuvre ancienne et de la réflexion que cela peut ouvrir sur un territoire et son patrimoine local.
Relier le passé le présent et le futur dans un même atelier, c’est ce que Laurie Dyèvre — Marielle Guille et Thibault Bâton ont réalisés dans ce temps T de la fresque à l’antique — image peinte dans le frais et prise dans la matière carbonatée.
« Le temps de l’a fresco, c’est une étrange confiance dans la réalisation d’un évènement, qui doit sa perfection à la nature même qui fait naître et construit le vivant »
Laurie — Avec des ateliers pour les adultes et enfants 6 jours sur 7 de 10h à 18h, pour découvrir la technique a fresco avec moi, la revisitation avec Marielle Guille et l’historicité de la recherche avec Thibault Bâton, nous avons pu expérimenter les trois différents niveaux du projet — Restauration — Reconstitution — Revisitation et c’est avec cet alliage que nous avons pu proposer au public de réfléchir ensemble, de se projeter, d’imaginer, summum du partage de qualité. Le sujet de choix a été une des fresques de l’église St Pierre « Les pèlerins d’Emmaüs » scène de partage avant tout.
Marielle — Le Dessin est un art de la relation. En tentant de reconstruire le dessin effacé, l’artiste en analyse les espaces, les pleins, les vides, les lignes, leur rythme, leur musicalité, le geste qui les a créée. Chaque élément posé remet en question l’ensemble, jusqu’à trouver la justesse du détail et du tout.
La relation est là partout, elle est dans l’œuvre d’origine entre le fresquiste et son œuvre.
Comment cette œuvre s’est inscrite de la vie du fresquiste, et comment la vie de celui-ci s’est donc inscrite dans l’œuvre ? La relation est dans les sables, l’eau, les terres et les chaux constituant l’œuvre, et le territoire. Elle est dans l’origine des pigments lointains et les voies de commerce. Elle est également dans l’esthétique du dessin d’origine avec d’autres influences. Elle est dans l’architecture du lieu, son orientation, le soleil et le paysage.
Cette relation a été celle de M. Busnel avec les fresques quand il a eu la charge de sauvegarder par ses dessins les fresques déjà menacées de disparition au 19ème siècle. Il a trié, choisi, ressenti, validé ou non. des traits.
Pourquoi Busnel n’a t-il pas dessiné « La révélation aux pèlerins d’Emmaüs » ?
Thibault — J’ai mené deux types d’ateliers avec les enfants de l’école communal. En avril, visite de l’église et de ses fresques, en lien avec l’initiation à la technique a fresco.
En octobre, enquête par le dessin, avec 3 groupes : restauration/reconstitution/revisitation.
Ainsi, j’ai animé une « causerie » sur chaque semaine de présence au Mont Dol à la Galerie du Tertre, soit une fois en avril et une fois en octobre. Le samedi matin, ce temps d’échange invitait toute personne désireuse d’apporter sa pierre à l’édifice : documents, connaissances, ou tout simplement son regard. Avec des groupes entre 5 et 10 personnes, des discussions à bâtons rompus ont montré l’étendue des questions ouvertes par le chantier de l’église, notamment sur les enjeux de restauration.
Nous avons aussi pu, avec Laurie Dyèvre et Marielle Guille, rencontrer l’épouse de Marc Déceneux, historien local aujourd’hui disparu, qui avait travaillé sur les fresques de l’église St Pierre. En accédant à ses archives personnelles, nous avons pu approfondir notre regard.
Ce soir du 17 juillet 2024, nous avons le privilège de vous présenter le duo Les 2 LL, qui s’est rencontré pour cette occasion unique. Entre une voix nourrissante pour le cœur et les mélodies profondes du violoncelle, le duo cherche à habiter les espaces, les faire raisonner et vibrer. Dans cette rencontre où voix et violoncelle s’assemblent, Laurie Dyèvre, chanteuse, et Lesly Zoberman, violoncelliste, souhaitent mêler leurs deux cultures musicales aux matériaux de l’église du Mont-Dol, à cet espace acoustique chaleureux et intemporel.
Si le violoncelle est connu pour être l’instrument le plus proche de la voix humaine, les deux musiciennes unissent leur timbre pour créer, en improvisant et en adaptant des morceaux d’époques et de pays différents, un moment particulier où passé, présent et futur ne font qu’un, pour un lieu où son et musique travaillent en équilibre.
En août à la fête du Moulin en plein été et l’occasion de présenter le projet et une animation en édition reliure pour les publics.
» En juillet, c’est sous la bannière de mon projet Boire le Loir que je suis intervenu, pour proposer une guinguette devant l’église avant le concert acoustique. Un moment de repos bucolique, de redécouverte du cœur du village sous un autre angle. Un moment aussi de saveurs avec les vins et jus de terroir de la Vallée du Loir, un éveil des sens avant le concert donné par Les 2L
